Arles Balze
Lumière d’Arles : transformation d’un appartement ancien au cœur historique d’Arles
Valorisation du patrimoine ancien, restructuration des espaces, maîtrise de la lumière, ouverture sur une terrasse paysagée.
Pierre de Fontvieille, carreaux de ciment, enduits à la chaux, paillassons de roseaux de Camargue, mobilier contemporain et chiné, mobilier sur mesure, artisans d’art et créateurs locaux.
Crédits photos : Agathe Tissier
Entretien autour de Lumière d’Arles
Au cœur du centre historique d’Arles, cet appartement situé au dernier étage d’un hôtel particulier du XVIIᵉ siècle a fait l’objet d’une restructuration complète.
Le projet s’attache à révéler les qualités existantes du lieu — sa lumière traversante, ses volumes singuliers et sa relation à la terrasse — tout en adaptant les espaces aux usages contemporains.
L’intervention privilégie les matières naturelles, les savoir-faire artisanaux et un mobilier mêlant créations sur mesure, pièces contemporaines et mobilier chiné afin d’en préserver le caractère sans le figer.
L’ensemble dessine un intérieur à l’harmonie discrète, où patrimoine et création contemporaine trouvent naturellement leur équilibre.
Les matières semblent guider chacun de vos projets.
Quelle place occupent-elles dans celui-ci ?
Les matières sont souvent le point de départ de mes projets. Elles témoignent des savoir-faire, révèlent la lumière et inscrivent chaque projet dans une histoire qui lui est propre.
Dans cet appartement, les portes anciennes dialoguent avec la pierre de Fontvieille, les carreaux de ciment chinés, les enduits à la chaux, les paillassons de roseaux de Camargue, ou encore les tissus de la collection Luma d’Élitis.
Toutes participent à construire l’identité du lieu et à l’ancrer naturellement dans le territoire arlésien.
Qu’est-ce qui vous a séduit dans cet appartement ?
Situé au cœur historique d’Arles, dans un hôtel particulier du XVIIᵉ siècle, cet appartement bénéficie d’une lumière naturelle exceptionnelle grâce à ses quatre orientations.
Les vues sur les toits de la ville et ses monuments, les barres de pierre qui ponctuent le sol de l’entrée, la pierre de Fontvieille, la terrasse de quasi-plain-pied… autant d’éléments qui révélaient déjà le caractère exceptionnel du lieu et son potentiel.
Quelles ont été les principales contraintes de ce projet ?
Comme dans beaucoup d’appartements anciens dans le centre historique d’Arles, il fallait composer avec une structure existante, des différences de niveaux, des volumes atypiques et des éléments patrimoniaux à intégrer au projet.
Loin d’être des freins, ces contraintes ont guidé le projet et conduit à des solutions sur mesure, pensées pour améliorer le confort et les usages tout en respectant l’identité du lieu.
Comment avez-vous restructuré les espaces ?
L’enjeu était de clarifier les usages sans complexifier les parcours.
Chaque espace trouve une fonction clairement identifiée, tout en préservant la fluidité des circulations.
La restructuration accompagne ainsi de nouveaux usages, plus confortables et plus intuitifs.
La lumière semble être un véritable matériau du projet.
À Arles, la lumière façonne les espaces.
Le projet cherche à la maîtriser plutôt qu’à la subir : laisser entrer la lumière lorsqu’elle révèle les matières, protéger les espaces du soleil d’été et créer des ambiances qui évoluent au fil de la journée grâce à un travail précis sur les éclairages.
La lumière participe pleinement au confort et à la perception des espaces.
Vous avez choisi de travailler avec des artisans d’art et des créateurs locaux. Pourquoi ce choix ?
Faire appel aux savoir-faire locaux était une évidence.
J’ai souhaité associer au projet une céramiste et un ébéniste dont j’apprécie particulièrement le travail, tandis que les œuvres de la photographe Cecil Ka viennent ponctuer les espaces.
Ces collaborations prolongent la rencontre entre architecture, artisanat et création contemporaine, tout en ancrant le projet dans son territoire.
Vous avez également dessiné plusieurs pièces de mobilier sur mesure. Quelle était votre intention ?
Une console extensible, qui peut se transformer en bureau d’appoint, ainsi qu’une table de repas ont été dessinées spécialement pour cet appartement.
Les nuances des lames de bois de récupération et les roseaux de Camargue prolongent les matières du projet jusque dans le mobilier, créant une continuité sensible avec l’architecture existante.
Comment avez-vous composé le reste du mobilier ?
J’aime confronter des pièces contemporaines à du mobilier chiné.
Ici, une table basse en verre soufflé de Linde Freya Tangelder pour Cassina côtoie des chaises bistrot.
Ce mélange d’époques apporte de la profondeur aux intérieurs et évite tout effet de décor figé.
Les créations sur mesure viennent prolonger cette composition.
La terrasse semble être pensée comme une véritable pièce à vivre.
Je souhaitais que la terrasse prolonge naturellement l’appartement.
Son aménagement paysager s’accompagne d’une sélection de mobilier mêlant une table et des chaises chinées signées René Malaval, une banquette réalisée en bois de récupération et un fauteuil des frères Bouroullec.
Une composition qui invite à vivre l’extérieur avec la même simplicité que l’intérieur.
Au fond, que souhaitez-vous transmettre à travers ce projet ?
Ce projet reflète ma manière d’aborder l’architecture intérieure : comprendre comment mes clients habitent les lieux, observer avant d’intervenir, révéler plutôt qu’effacer.
Les matières sensibles en sont le fil conducteur. Elles créent un dialogue entre le patrimoine, la lumière, les savoir-faire et les usages contemporains.
Pour moi, un projet réussi ne cherche pas à s’imposer ; il révèle l’évidence presque intemporelle du lieu.
Questions fréquentes :
Quels types de projets accompagnez-vous et dans quels territoires intervenez-vous ?
Basé à Paris et à Arles, Olivier Debin Studio accompagne la rénovation d’appartements anciens, de maisons de village, de mas et de résidences d’exception. Son territoire d’intervention s’étend d’Arles à la Camargue et aux Alpilles, notamment à Saint-Rémy-de-Provence, Eygalières, Les Baux-de-Provence, Fontvieille, Maussane-les-Alpilles et dans leurs environs.
Comment abordez-vous la rénovation d’un bâtiment ancien ?
Chaque intervention commence par une observation attentive. Les volumes, la lumière, les matériaux et les traces du temps orientent le projet. L’objectif est de révéler ce qui fait l’identité d’un lieu tout en l’adaptant aux usages d’aujourd’hui.
Assurez-vous le suivi du chantier ?
Chaque projet est accompagné de la conception jusqu’à la réception des travaux. Le suivi de chantier garantit la continuité entre les intentions du projet et leur réalisation, tout en assurant la coordination des différents intervenants.
Comment composez-vous le mobilier d’un projet ?
Le mobilier est pensé comme un prolongement de l’architecture. Chaque projet réunit des créations sur mesure, des pièces contemporaines et du mobilier chiné, sélectionnés pour leurs qualités, leurs proportions et le dialogue qu’ils instaurent avec les espaces. Cette composition contribue à créer des intérieurs durables, personnels et profondément ancrés dans leur contexte.
Dessinez-vous du mobilier sur mesure ?
Lorsque le projet l’appelle, le mobilier sur mesure est dessiné pour répondre à un usage précis ou affirmer un parti pris esthétique, tout en participant à la composition d’ensemble.
Travaillez-vous avec des artisans locaux ?
Les savoir-faire locaux occupent une place essentielle dans les projets d’Olivier Debin Studio. Selon les besoins, des artisans, artistes et créateurs sont associés afin de prolonger le dialogue entre architecture, matières et territoire.
Échangeons sur votre projet !
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